Entretien et toilettage du bulldog continental

Le bulldog continental a le poil ras et ne demande pas de toilettage chez un professionnel. Son entretien tient en quelques gestes réguliers, dont certains sont propres aux chiens à face courte : les plis du museau, les yeux, la bouche. Chaque geste s’accompagne des signes qui doivent faire consulter.
Habituer le chien dès le plus jeune âge
Les soins sont plus simples avec un chien qui accepte qu’on lui touche les pattes, les oreilles et la gueule. L’American Veterinary Society of Animal Behavior recommande de manipuler les chiots dès la naissance pour qu’ils acceptent le contact sur tout le corps. À la maison, prolongez ce travail : des séances courtes, dans le calme, suivies d’une récompense. Notre article sur l’éducation du bulldog continental explique le principe.
Profitez de ces moments pour passer la main sur tout le corps. Une grosseur, une zone douloureuse, une plaque rouge ou une tique se repèrent souvent ainsi.
Le poil : brossage et bain
Le standard FCI décrit un poil de couverture « court, serré, couché et luisant », avec un sous-poil court et fin, qui peut aussi manquer. Ce type de robe ne fait pas de nœuds. Un passage de gant en caoutchouc ou de brosse à poils courts, une fois par semaine, suffit à retirer les poils morts et la poussière. Pendant la mue, un brossage plus fréquent limite les poils dans la maison.
Le bain se donne à la demande : quand le chien est sale ou sent mauvais, avec un shampooing pour chien. Rincez longuement, puis séchez bien, en particulier les plis de la face et l’espace entre les doigts. Un chien qui se gratte beaucoup ou dont la peau rougit après le bain doit être montré au vétérinaire.
Les plis de la face
Le standard veut une peau sans rides sur le corps et les membres, des rides « pas trop visibles » sur le crâne et des plis pas trop épais de part et d’autre du chanfrein. Le conti a donc moins de plis que le bouledogue anglais, mais il en a.
Ces replis retiennent l’humidité, la salive et les débris. Ils peuvent s’enflammer : c’est la dermatite des plis de peau, ou intertrigo. Une étude du Royal Veterinary College publiée en 2022 dans Scientific Reports, portant sur plus de 900 000 chiens suivis au Royaume-Uni, a montré que le bouledogue anglais y était la race la plus exposée, avec un risque 49 fois plus élevé que les chiens croisés. Suivaient le bouledogue français et le carlin. Les auteurs relient ce risque aux conformations les plus extrêmes. Le standard du conti limite les plis, mais la vigilance reste utile.
En pratique :
- vérifiez les plis quelques fois par semaine, et après chaque bain ou promenade sous la pluie ;
- nettoyez-les avec une compresse humide, puis séchez-les soigneusement ;
- consultez si le pli est rouge, suintant, malodorant, ou si le chien s’y frotte.
N’appliquez pas de crème ou de poudre sans avis vétérinaire : un pli déjà irrité se soigne selon sa cause.
Les oreilles
Les oreilles du conti sont petites et fines, portées en rose ou en bouton selon le standard. Elles retombent en partie sur le conduit. Regardez l’intérieur du pavillon une fois par semaine. Une petite quantité de cérumen clair est normale. Si l’oreille est sale, nettoyez uniquement la partie visible avec une compresse et un nettoyant auriculaire pour chien. N’enfoncez jamais de coton-tige dans le conduit.
Une odeur forte, des sécrétions brunes ou jaunes, une rougeur, un chien qui secoue la tête ou se gratte l’oreille : ces signes justifient une consultation.
Les yeux
Le standard décrit des yeux ronds, bien écartés, ni saillants ni enfoncés, avec des paupières qui épousent le globe. L’entropion et l’ectropion (paupière enroulée vers l’intérieur ou tombante vers l’extérieur) font partie des défauts qui excluent un chien de la reproduction.
Au quotidien, essuyez les écoulements du coin de l’œil avec une compresse humide propre, une par œil. Consultez rapidement si l’œil est rouge, larmoie beaucoup, reste à demi fermé, ou si le chien se frotte la face. Une masse rouge qui apparaît dans le coin interne de l’œil peut correspondre à une procidence de la glande de la troisième paupière, un trouble auquel le bouledogue anglais est très prédisposé : elle doit être vue par un vétérinaire.
Les griffes
Le standard les veut « courtes ». Un chien qui marche beaucoup sur des sols durs les use souvent seul ; les autres ont besoin d’une coupe régulière. Si vous entendez les griffes cliqueter sur le carrelage, il est temps de les raccourcir. N’oubliez pas les ergots s’il en a.
Utilisez une pince adaptée à la taille du chien et coupez peu à la fois. Chez un conti aux griffes noires, la partie vivante ne se voit pas : procédez par petites coupes successives. En cas de doute, demandez au vétérinaire ou à un toiletteur de vous montrer le geste la première fois.
Les dents
Les maladies de la bouche et des dents sont les affections les plus fréquentes en clientèle vétérinaire pour les chiens et les chats, rappellent les recommandations dentaires de la WSAVA publiées en 2026. Le Veterinary Oral Health Council, organisme vétérinaire américain spécialisé, résume la prévention : une hygiène buccale quotidienne, dont le brossage est la méthode de référence.
Utilisez une brosse et un dentifrice conçus pour les chiens, jamais un dentifrice humain. Commencez tôt, avec quelques secondes seulement, puis allongez. Brossez toutes les faces extérieures, jusqu’aux dents du fond.
Mauvaise haleine, gencives rouges ou qui saignent, tartre visible, chien qui mâche d’un seul côté : parlez-en au vétérinaire. Un détartrage se fait sous anesthésie générale, et la WSAVA met en garde contre le détartrage sans anesthésie, qu’elle juge inefficace au mieux et nuisible au pire. Pour les causes de la mauvaise haleine, voyez notre article sur la mauvaise haleine du bouledogue continental. Les autres points de santé de la race sont réunis sur la page santé du conti.
Photo : Loghan Despres, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.


