Bulldog continental

Le bulldog qui respire

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Bulldog continental ou bouledogue anglais : ce qui les distingue

Bulldog continental fauve et blanc tenu en laisse sur un ring d'exposition au sol bleu

Le bulldog continental descend du bouledogue anglais, et au premier regard on peut confondre les deux. Leurs standards, publiés par la Fédération cynologique internationale (FCI), décrivent pourtant deux chiens différents. Le continental est plus haut sur pattes, son museau est plus long, et son standard exige qu’il respire sans bruit, y compris en pleine course.

Deux races, deux histoires

Le bulldog (standard FCI n° 149) est une race britannique ancienne. Son standard rappelle qu’il a d’abord servi aux combats contre des taureaux, et qu’à partir de 1835 sa morphologie a évolué vers un museau plus court et un corps plus trapu. Il est exposé depuis 1860.

Le bulldog continental est beaucoup plus jeune. Au printemps 2001, en Suisse, l’éleveuse Imelda Angehrn lance un programme d’élevage pour obtenir un bulldog de taille moyenne en bonne santé, alors que la Suisse débat d’une interdiction d’élever des animaux présentant des anomalies de conformation. La première portée naît à l’été 2001, avec l’accord de la Société cynologique suisse (SKG), d’un croisement entre bouledogue anglais et Olde English Bulldogge.

Cette seconde race est américaine. Elle a été créée au début des années 1970 par l’éleveur David Leavitt, en Pennsylvanie, qui voulait retrouver l’allure et la condition physique des bulldogs du début du XIXe siècle. L’United Kennel Club américain la reconnaît depuis janvier 2014.

La SKG reconnaît la nouvelle race le 15 septembre 2004 sous le nom de « Continental Bulldog », justement pour la distinguer du bouledogue anglais. Le standard FCI actuel résume l’objectif : créer un molossoïde de format moyen, proche du bulldog d’origine.

Gabarit : ce que disent les standards

Les deux races sont classées dans le même groupe FCI (groupe 2, section 2.1, molossoïdes de type dogue). Les descriptions divergent dès l’aspect général.

Bulldog continental (FCI 369)Bouledogue anglais (FCI 149)
SilhouettePresque inscriptible dans un carré, constitution athlétiqueTrapu, plutôt près de terre, large et compact
Hauteur au garrotMâles 42 à 50 cm, femelles 40 à 48 cmNon précisée
PoidsMâles 30 kg, femelles 25 kg ; 20 à 30 kg selon la tailleMâles 25 kg, femelles 23 kg
MuseauUn tiers de la longueur de la tête (un quart admis)Court, large et retroussé
Ligne du dosAussi droite que possibleLégère déclivité derrière le garrot, rein plus haut que le garrot
MembresUn sujet court sur pattes est fautifAntérieurs courts par rapport aux postérieurs
RobeFauve, bringé ou noir, avec ou sans blanc ; blancUnicolore ou panachée ; le noir est à écarter

Le continental est donc plus haut sur pattes, plus léger de tête, avec un dos droit. La mâchoire inférieure avance aussi moins : le standard fixe une avancée de 1 à 5 mm, avec une tolérance jusqu’à 10 mm. Pour la description complète, voyez notre page sur l’aspect et le caractère du conti.

Bouledogue anglais fauve et blanc vu de profil sur une pelouse

La respiration, point de rupture

C’est la différence qui a motivé la création de la race. Le standard du continental exige qu’il « respire sans bruit même à pleine vitesse ». Une respiration bruyante, en action ou au repos, fait partie des défauts qui excluent le chien. Depuis la révision publiée en février 2026, un museau plus court qu’un quart de la longueur de la tête est lui aussi éliminatoire.

Le standard du bouledogue anglais traite aussi la question : la détresse respiratoire y est un défaut éliminatoire, et les narines pincées doivent être lourdement pénalisées. Mais il ne fixe pas de longueur minimale de museau, et la race reste très exposée. Une étude du programme VetCompass (Royal Veterinary College, Londres), publiée en 2022 dans Canine Medicine and Genetics, a comparé 2 662 bouledogues anglais à plus de 22 000 chiens d’autres races suivis en clinique au Royaume-Uni en 2016. Les bouledogues avaient une probabilité deux fois plus élevée de présenter au moins un trouble de santé, avec en tête la dermatite des plis de peau, la procidence de la glande de la troisième paupière et le prognathisme.

Un standard décrit un idéal, pas chaque chien. Un conti peut ronfler ou souffrir de la chaleur si sa lignée n’a pas été sélectionnée avec soin. Les clubs de race s’en occupent : le club suisse a organisé un premier dépistage du syndrome respiratoire des races brachycéphales (BOAS) sur 55 contis, et en Finlande le club du continental impose ce test à l’un des parents au moins avant chaque portée, comme ceux du bouledogue anglais, du bouledogue français et du carlin. Notre page santé du conti détaille les points de vigilance.

Activité et caractère

Le standard du continental le décrit comme « actif et puissant », attentif, sûr de lui, amical, ni agressif ni peureux. Son utilisation officielle est celle de chien de compagnie et de famille. Ses allures doivent être régulières et fluides, avec une forte propulsion des postérieurs.

Le bouledogue anglais est décrit comme vif, hardi, fidèle et affectueux sous un aspect redoutable. Son standard le classe comme chien de dissuasion et de compagnie, et décrit une démarche particulière, à petits pas rapides, les pieds postérieurs rasant le sol.

Sur le papier, le conti est donc bâti pour un effort plus soutenu. Il reste un molosse à face courte, et la chaleur le met en danger. Une étude VetCompass publiée en 2020 dans Scientific Reports a montré que le bouledogue anglais avait près de 14 fois plus de risques de coup de chaleur que le labrador. Faute de données comparables pour le continental, les précautions de notre article sur le bulldog continental et la chaleur valent pour lui aussi.

Reconnaissance officielle

Le bouledogue anglais est reconnu à titre définitif par la FCI depuis le 14 mars 1955, avec la Grande-Bretagne pour pays d’origine.

Le bulldog continental a été accepté à titre provisoire par la FCI le 30 mars 2022, avec la Suisse pour pays d’origine et l’allemand comme langue faisant foi du standard. Le standard en vigueur a été publié le 11 février 2026. En France, la Société centrale canine le reconnaît depuis juillet 2014, ce qui permet l’inscription des chiots au Livre des origines français (LOF). Avant d’acheter un chiot de l’une ou l’autre race, demandez ce pedigree et les résultats de santé des parents : notre guide pour choisir un éleveur de bulldog continental explique quoi vérifier.

Les deux standards sont consultables sur le site de la FCI : bulldog continental, n° 369 et bulldog, n° 149.

Photo d’en-tête : Canarian, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.

Photo du bouledogue anglais : Joselodos, Wikimedia Commons, licence CC0 1.0.

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